DÉPUTATION A LA CONVENTION
de l'absence de ces derniers pour blâmer les délibérations antérieures, et les accusations nouvelles lancées contre les détenus leur auraient été funestes, sans l'intervention du représentant Garnier, qui se trouvait alors au bureau municipal. La Société populaire, régénérée par Bô, prenait une part active à ces accusations ; Rousselin l'animait de son ardeur et de ses haines, et sa correspondance était* lue avec ostentation à la tribune de la Société (1).
Ce fut sous son inspiration que la Société populaire et les administrations envoyèrent à la Convention une députation, qui, sous prétexte de lui offrir les « hochets du fanatisme » recueillis dans le département, vint lui présenter l'apologie de Rousselin. Ces députés, recommandés par lui au club des Jacobins, en sollicitèrent l'appui pour faire poursuivre par le comité de sûreté générale les adhérents des sectionnaires. Ils signalèrent les intrigants du département qui se réfugiaient à Paris, et sur leur demande, le club nomma deux commissaires pour rechercher les aristocrates et les riches suspects de Troyes, qui venaient intriguer et se plaindre des incarcérations faites par Bô (2). A Troyes, la Société populaire remporta un nouveau succès dans les élections de la garde nationale, que Bô avait ordonnées, en quittant l'Aube. La plupart de ses candidats furent nom-
Ci) Hist, du Terrorisme, p. 19 à 21.
(2) Adresse prononcée à la barre de la Convention par les commissaires députés de la Société populaire de la commune de Troyes.,. le 17 pluviôse. In-S". Séance de la (Convention du 19. Moniteur, n° 141. — Hist. du Terrorisme, p. 28. — Séance du club des Jacobins du 23 pluviôse. Moniteur, n" 148.