RICHESSES DU TRÉSOR DE SAINT-PIERRE
les siècles précédents avaient aimé, admiré et respecté.
La commune de Troyes, qui avait blâmé avec tant d'indignation les dégâts commis dans le collège par des enfants qui n'avaient pas la pleine conscience de leurs actes, avait laissé son agent national commettre à Saint-Pierre des dévastations plus graves et autrement déplorables. Avant de quitter le département, Bô avait écrit d'enlever tous les objets relatifs au culte catholique, qui se trouvaient dans le « temple de la Vérité et de la Raison, » pour les déposer à la maison commune (1). Toutes les richesses des églises supprimées avaient été transportées à Saint-Pierre, et avaient augmenté son trésor déjà si remarquable. On y admirait des châsses, des croix, des reliquaires, ciselés avec art et resplendissants de pierres précieuses. Tel était le reliquaire contenant le chef de saint Loup, orné de pierreries d'une richesse, d'une rareté et d'une beauté exceptionnelles. Il n'y avait pas, de l'avis unanime, un pareil chef-d'œuvre en France, dit un témoin oculaire (2). Parmi les merveilles de ce trésor figuraient une cornaline sur laquelle étaient taillées les figures des douze apôtres, et une émeraude d'un pouce de long fixée au centre d'un reliquaire contenant un morceau de la vraie croix (3). On y
(1) Dél. mun. du 17 nivôse. Arch. de Troyes.
(2) Déposition Semilliard. Registre du comité révolutionnaire du district. Arch. de l'Aube, L. 156i. Dix feuillets 4e ce registre, relatifs à l'enquête qui fut faite en vendémiaire an m, sur le brisement de châsses, ont été lacérés. Nous avons retrouvé dans les archives du tribunal criminel les dépositions qui manquent.
(3) Dép. Guillaume et Rebours. Voir aussi : Extrait des rectteils des