INVENTAIRES DES OBJETS PRÉCIEUX
conservait aussi une croix processionnelle gothique, en vermeil orné de filigranes, dont plusieurs fois, selon le trésorier, on avait offert 300,000 liv. (1).
Les administrations connaissaient la valeur de ces objets d*art, et pour en assurer la conservation, avaient multiplié les inventaires. Le 23 février i 792, le directoire du département avait fait faire une « description très-complète des châsses, croix, vases, pièces gravées, inscriptions existant dans réglise et le trésor de Saint-Etienne (2). » Le 12 novembre 1793, un autre inventaire fut dressé à Saint-Pierre, et huit chefs-d'œuvre d'orfèvrerie, entre autres le chef de saint Loup, et la croix processionnelle furent désignés pour le muséum (3). Le mérite artistique de ces objets précieux aurait dû suffire à les protéger contre les violences du fanatisme anti^religieux ; ils étaient les témoignages admirables d'un passé généreux, et s'ils avaient cessé d'être vénérés par les fidèles, ils auraient pu du moins faire l'ornement et l'orgueil d'un musée. Ce fut pourtant un homme, qui se disait artiste, qtii porta sur eux une main barbare. Fils d'un orfèvre
différents auteurs sur Vexistence des monuments d'art dans les trésors des églises de Troyes, et détruits par les fureurs du vandalisme, s. l. n. d.y in^" de 4 p. Notice sur la châsse de saint Loup de Troyes, par M. Le Brun-Dalbanne. Pai*is, 1863, in-S».
(1) Acte d'accusation du 24 prairial an m. Cette croix est ainsi désignée dans l'inventaire du 22 brumaire an ii ; « une autre croix dort pretieuse sout le rapport de la gothicité et en filagame ditte croix prossestionnel, » — Arch. du tribunal criminel.
(2) Voir aussi Etat des ornements et du linge de l'église Saint-Etienne, renfermés dans la grande sacristie, appelée le Trésor — sans date. — La description de 1792 est très-complète. Dossiers du tribunal criminel.
(3) Cet inventaire contient 104 articles et d'autres non numérotés. — Id.