‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 171 sur 351 · RONDOT A SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

RONDOT A SAINT-PIERRE

estimé, Louis-Joseph Rondot, orfèvre lui-même, graveur (1) et professeur à l'école de dessin, aurait dû les protéger au lieu d'en provoquer la destruction. Mais des préjugés aveugles contre l'art gothique l'animaient, non moins que l'ardeur révolutionnaire ; ils le portèrent à présider à des actes à jamais regrettables que Bô n'avait pas ordonnés, et que le district et le département ne connurent que lorsqu'ils furent accomplis.

La municipalité elle-même ne voulait pas la destruction immédiate des objets relatifs au culte catholique; conformément aux instructions de Bô, elle «'était bornée à en ordonner le dépôt à la maison commune (2). L'agent national Rondot, Berthier. Bouille et Coquet, en furent chargés. Sans consulter ces deux derniers, sans appeler lés marguilliers qui avaient la garde du trésor, Rondot se rendit à Saint-Pierre avec deux commissaires de la commune et plusieurs des membres influents de la Société populaire, au milieu de la nuit du 22 janvier 1794. Craignant une explosion de l'indignation publique, il avoua lui-même qu'il avait dû exécuter la commission qui lui était donnée, pendant la nuit, pour ménager la crédulité et la superstition du peuple (3). Parmi ceux qui l'accompa-

(1) Rondot n'avait pas toujours été révolutionnaire, conune le prouve le Précis d'un dessin représentant la soumission de la ville de Troyes à Henri IV, exécuté par M. Rondot le jeune, professeur à l'école royale gratuite de cette ville. André, 1783, p. in-8« de 7 p.

(2) Dél. mun. du 17 nivôse.

(3) Acte d'accusation. — Rondot, orfèvre, graveur, professeur à l'école de dessin.., aux citoyens représentants composant le comité de salut public et de sûreté générale de la Convention nationale, p. 4. (Paris, in-4* de 33 p.)

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