‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 176 sur 351 · VENTE DES MOBILIERS DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

VENTE DES MOBILIERS DES ÉGLISES

mobilier des églises. L'adjudication de celui de Saint-Pierre fut faite le 23 janvier, les autres dans les quinze jours qui suivirent (1). Mais, malgré le zèle des administrations, des ventes analogues n'eurent point lieu dans la plupart des campagnes, et presque partout les objets du culte y furent conservés (2), à l'exception des vases et des objets d'argent, qu'un commissaire spécial du district avait été chargé de recueillir (3) •

On raconte qu'à Sainte-Madeleine, le jubé, qui fait l'admiration des étrangers, ne fut préservé que grâce à la présence d'esprit d'une des paroissiennes de cette église. Comme les ouvriers se préparaient à le détruire, elle leur aflBirma qu'il maintenait les piliers voisins, et que s'ils le démolissaient, l'église s'écroulerait. Les ouvriers se bornèrent à briser les fleurs de lys du couronnement et les statues de saints placées dans les niches (4).

Ce n'était pas assez de dépouiller l'intérieur des églises de leurs ornements; on en dégrade l'extérieur. On ordonne la démolition des clochers de la Trinité, du Petit-Saint-Nicolas et des autres maisons dépendant des hospices (5). Toutes les

(1) Le 4 pluviôse, Saint-Pierre produisit 4,6131. 19 s.; le 6, Saint-Nizier, 2,178 1. 14 s.; le 8, Saint-Nicolas, 994 1.; le 9, Saint-Pantaléon, 2,502 I.

12 s.; le 13, Saint-Jean, 5,5501. 19 s.; le 18, Sainte-Madeleine, 4,447 1.

13 s. On vendait les chaires, les stalles, les buffets d'orgue, etc.; à Saint- Nizier, on vendit jusqu'au dallage. Lettre du 24 ventôse.

(2) Voir inventaire estimatif du mobilier de toutes les églises du district de Troyes, d'après un arrêté du district du 2 fructidor an ii, pour être vendu à l'encan. Arch. de TAube, L. 1458.

(3) Lettre du 5 floréal, id. Y. 4039. Tous ces hochets d'un culte fanatique et superstitieux, dit Loyez, sont recueillis dans les ci-devant paroisses.

(4) Cette tradition , que nous n'oserions garantir, est contenue dans les notes manuscrites que nous a communiquées M. Pigeotte.

(5) Dél. de l'adm. hospitalière du 6 pluviôse. Arch. de l'Hôtel-Dieu.

croix soiKt abattues [f\ les plombs enlerés. € Le district^ écrit Rondot, s'est ecapiessé de décoorrir tous les clochers pour j prendre da plomb, là où il 7 en arait; il aurait bien fait de les abattre tout à fait, n faudrait les enlerer, et recomrrir leur emplacement. A Saint'Urbain, le grain est inondé; à rHôtel'Dien, le plafond est tombé [2}. » Heureusement, l'argent manque pour accomplir toutes les dévastations prescrites par la Convention. La commune écrit le 7 mai au district : « Pour achever de se conformer à la loi qui ordonne de faire disparaître des édifices publics et particuliers tous les signes de la royauté et de la féodalité, il faudrait plus de 12,000 L, peut-être pour le temple de la Raison seulement. Cette dépense doit sans nul doute être à la charge de l'Etat, si ces temples sont considérés comme propriétés nationales (3). )^

Les signes de l'ancien régime sont non-seulement proscrits sur les édifices publics, mais môme sur les maisons particulières. La statue de Louis XIV par Girardon est cependant conservée pour être déposée au muséum, « si le département le jugo convenable. » Il faut voir avec quel dédain ot dans quel style la municipalité parle du « morceau de marbre que Girardon donna à son pays, représentant son roi entouré des bassesses que la honte des arts employait ordinairement (4). » L'a-

(1) Dél. mun. (lu 1*" messidor. Arch. de Troyes.

r2) Lettre du 30 nivôse. Arch. de TAube, L. 1364. Arch. de THôtel-Dieu. 2 pluviôse. On enlève à la même époque, dans cet établissement, les croix qui «ont placées au-dessus de la grille et au-dessus de la cbemioée du grand bureau.

(3) C.orr. mun. Arch. de Troyes.

(0 Id, du 19 floréaK Id.

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