‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 177 sur 351 · DESTRUCTION DES SIGNES DE L*ANCIEN RÉGIME · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES SIGNES DE L*ANCIEN RÉGIME

gent national de la commune ordonne d'enlever des vierges, des anges et des armoiries, placés au coin de certaines rues, sur les remparts et audessus des portes de la ville (1).

Dans cette œuvre de destruction, l'agent du district rivalise avec l'agent de la commune. Les instructions du comité de salut public sont précises et minutieuses. « Les ouvriers, dit une de ses circulaires, doivent avoir le soin d'enlever les fleurs de lys de telle manière qu'après avoir emporté le relief il n'en subsiste pas même l'empreinte par la différence de la nuance de la pierre... » Loyez envoie cette circulaire aux communes, en les engageant A faire disparaître entièrement « les signes impurs qui ne doivent plus choquer les yeux républicains en souillant le sol de la liberté. Je connais, ajoute-t-il, la difficulté qu'il y aura pour le travail qui est à faire dans votre commune, mais à des républicains révolutionnaires, rien n'est impossible. » Cependant, à Troyes môme, ce genre de « travail » ne peut être fait complètement. Les fleurs de lys figurent au cadran de Saint-Jean au milieu de juillet. A la même époque, on voyait encore, auprès du déversoir de Saint-Julien, une plaque de marbre portant « le nom du ci-devant tyran des français, et prouvant l'ostentation des anciens maires et échevins de la ville. » Loyez la fit arracher, « pour soustraire aux yeux des républicains cette monstruosité (2). »

(1) Notamment des vierges à la maison du dessin, à l'angle de l'ex-maison du département, des armoiries à la comédie, deux anges au-dessus de la porte de Paris et à la Tour-Baleau, des armoiries aux portes Saint-Jacques et de Preize. Lettre mun. du 18 pluviôse. Arch. de Troyes.

(2) Lettres des 14 ventôse, 3 germinal et 22 messidor. Arch. de Troyes.

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