CÉRÉMONIES RELIGIEUSES
Pendant que l'on anéantissait ainsi les trésors des églises, qu'on achevait la destraction de leurs ornements extérieurs et des emblèmes de l'ancien régime, on poursuivait la suppression des cérémonies du culte, qui se célébraient encore, après le départ de Rousselin, dans les communes voisines de la ville. Les offices étaient chantés, comme par le passé, dans les églises des villages les plus rapprochés ; les hommes les plus attachés à leur foi, et surtout les femmes, s'y rendaient avec empressement (1). Dans certaines communes du département, les femmes résistent aux décrets de la Convention et aux arrêtés de ses agents. A Arrentières, elles exigent de force la clé de l'église, excitent les hommes contre les autorités, et les portent à arrêter deux commissaires du district dé Bar-sur- Aube, envoyés pour faire respecter la loi. A Landreville, les femmes et les filles s'opposent à l'enlèvement des cloches; elles les rentrent par la force dans l'église, d'où on les a tirées. Une femme s'assied sur la plus grosse cloche, en disant : Elle a sonné pour ma naissance, elle sonnera pour ma mort; et elle ajoute en s'adressant au maire : Si on l'enlève, elle passera sur mon corps (2). Les poursuites dirigées contre plusieurs habitants d'Arrentières et contre l'énergique femme de Landreville n'empêchèrent pas, le dimanche des Rameaux, le
(1) Questionnaires adressés aux sections. 22 nivôse. Arch. de l'Aube. L. 1591 et 1595.
(2) Jugement du 17 floréal, qui condamne trois vignerons d' Arrentières b 20 ans de fer et le curé Joffroy à la déportation. — Jugement du 16 ventôse, qui condamne la femme Mougeot à 15 jours de prison. Arch. du tribunal criminel.