ENTERREMENTS SOUS LÀ TERREUR
curé de Saint- Aventin de dire la messe sur une table au milieu du village, et de distribuer des rameaux à quatre mille assistants venus des environs (1). Tandis que Ton arrêtait le curé de Saint- Aventin, et l'un de ses confrères, accusé de baptiser suivant l'ancien usage, le département reprochait aux prêtres de crier à l'athéisme et à l'impiété. « Rien n'est plus faux, disait-il; tous les actes sont libres, mais les signes extérieurs sont prohibés. La religion ne fut jamais plus majestueuse... On y reconnaît un Être suprême (2). » C'était joindre l'hypocrisie à la persécution.
A Troyes, les églises étaient fermées, et les prêtres n'osaient plus se montrer dans les rues. Quelques-uns d'entre eux trouvaient des asiles dans des familles pieuses, et l'on cite une maison où les oflSces étaient célébrés sans bruit, dans un appartement retiré, pour quelques amis discrets (3). On n'entend plus le son des cloches; c'est à peine si quelques-unes annoncent encore les heures. Les réparations aux horloges des ex-paroisses sont ajournées jusqu'à l'établissement des cadrans décimaires (4). La religion n'a plus de consolations ni pour la vie, ni pour la mort. Les enterrements se font avec une telle « indécence, » que l'agent national de la commune s*en émeut, et qu'il s'écrie, en les signalant : Oh I nature, tu frissonnes d'horreur I « Les morts, dit-il, sont livrés à quatre por-
(1) Registre de police du district. Arch. de TÂube, L. 1467.
(2) Adresse du 11 floréal. Imp. Journal du Département du 4 prairial.
(3) Notice sur Madame Dalbanne, par M. Gossin, p. 11.
(4) Dél. muD. du 29 pluviôse. Arch. de Troyes.