ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE LOUIS XVI
Ions, jusqu'à l'heure de la comédie. Il y avait, en effet, des représentations théâtrales, et c'étaient les volontaires de la Montagne qui les donnaient. Ils jouèrent le 29 janvier, au profit des pauvres, la Mort de César, et, comme ils furent applaudis, la municipalité les autorisa à renouveler leurs représentations (1).
Mais les prédications révolutionnaires et les danses qui les suivaient ne suffisaient pas à « élever les Troyens à la sublime hauteur de la révolution. » L'anniversaire de l'exécution de Louis XVI, le retour du bataillon de la Vendée, la plantation d'un arbre de la liberté, la suppression de l'esclavage, furent autant d'occasions pour la Commune de donner au peuple des spectacles gratuits et variés « avec la pompe et la magnificence » que lui permettaient ses ressources. Rondot, dont on vantait le goût et le talent artistiques, en fut l'inspirateur et le principal organisateur.
Pour célébrer la mort de celui qu'on appelait «le dernier tyran des Français, » les autorités et la garde nationale se rendirent à l'hôtel-de-ville. En tête marchaient les gendarmes à cheval et les canonniers. Les deux premiers bataillons de la garde nationale suivaient, portant des inscriptions sur des médaillons, et précédant une statue de la République, entourée de quatre trophées représentant « les dépouilles des abus. » L'un de ces trophées figurait les dépenses de l'ancienne cour; « entre autres cinquante millions perdus au jeu
(1) Dél. du 11 pluviôse. Arch. de Troyes. La représentation commençait à trois heures après midi.