RETOUR DES VOLONTAIRES DE LA VENDÉE
par la ci-devant Reine avec Lambesc, Bouille et autres esclaves... Au bas, on lisait cette inscription : Tout était pour eux; rien pour le peuple, » Les vétérans nationaux soldés, le détachement du bataillon de la Montagne, les autorités constituées, la Société populaire, le 3® et le 4® bataillon de la garde nationale terminaient le cortège, qui se rendit au temple de la Raison, où la fête se termina par un discours, des hymnes et des danses. La municipalité fut si satisfaite de cette fête qu'elle ordonna d'en envoyer le détail à la Convention (1).' Le retour du sixième bataillon de l'Aube, qui venait, disait-on, « d'exterminer les brigands » de la Vendée, fournit à Rondot et à la Commune l'occasion de déployer de nouveau les ressources de leur imagination féconde. Deux compagnies de la garde nationale et les parents des arrivants allèrent à leur rencontre, le 6 mars 1794, sur la route d'Estissac. Le groupe des parents portait un fanion surmonté de deux tourtereaux qui se becquetaient tendrement, et entouré de cœurs. enflammés, jetés sur des roses, des couronnes et des guirlandes de fleurs, avec cette légende : Voici nos fils, nos maris, nos frères. Vive la République! Six trophées, portant les insignes des fonctionnaires publics qui s'étaient enrôlés, venaient ensuite. Sur chacun d'eux étaient inscrits, avec le nom du fonction* naire, les mots suivants : Tu ne les as quittés que pour les dangers de la patrie; tiens, les voilà. Les membres des administrations entouraient une
(l) Journal du Département, du 24 pluviôse. Dél. mun. des 7, 8 et 16 pluviôse. Arch. de Troyes.
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gerbe de lauriers de huit pieds de haut sur cinq de diamètre, accompagnée de devises et d'inscriptions patriotiques. Ce fut au hameau des Trois-Gâteaux que se fit la réception ; le cortège officiel s'y rendit a au pas de charge, pour marquer l'empressement. » Le canon fut tiré, des discours furent prononcés; les fonctionnaires enrôlés, après avoir été revêtus de leurs insignes, furent ramenés avec leurs frères d'armes à la maison commune, et le soir la fête se termina par des danses au temple de la Raison, et par une représentation de la Mort de César ^ suivie de Vapothéose de Beaurepaire, donnée par les volontaires de la Montagne.
Rondot avait d'abord conçu le projet d'un banquet simple et frugal; mais « effrayé de la pénurie des denrées et de leur cherté, il abandonna avec regret une idée aussi délicieuse qui, selon lui, aurait fourni à la malveillance les moyens de distiller ses poisons (1). »
L'arbre de la liberté, planté sur la place de l'HÔtel-de-Ville, était mort. La commune résolut de le remplacer par un peuplier de Lombardie <( vivant, » Il fut planté le 20 mars, au milieu des cérémonies accoutumées, et orné, comme l'ancien, de trophées d'armes. Au faubourg Croncels, il fallut aussi planter un nouvel arbre, autour duquel on
(1) Projet de la fête à célébrer le jour de Varrivée de nos frères revenant de la Vendée, présenté au conseil général de la commune de Troyes, par l*agent national, in-S** de 11p. Journal du Département, du 4 germinal. Dél. mun. du 4 pluviôse. Arch. de Troyes. Il courait des bruits défavorables sur les volontaires du sixième bataillon. On les accusait dans les rues et à la Société {»opulaire d*être des lâches, et d*avoir voulu égorger leur commandant. Reg. de la Permanence des 8 et 13 germinal. Reg. du comité révolutionnaire du 2 brumaire an iii.