‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 19 sur 351 · VENTES DE COUVENTS · texte numérisé non relu

VENTES DE COUVENTS

jardins, trouvèrent des acheteurs sérieux. Telle fut la maison des Carmélites, vendue moyennant 60,000 liv. à Michaux, qui avait acheté précédemment 32,500 la maison et l'église des Jacobins, situées rue du Bourg-Neuf (1). On vendit la maison des Ursulines, à Saint -Martin- es -Vignes, 58,200 liv., celle des Chartreux, au faubourg Croncels, 1 28,600 , celle des Capucins, 30,400, celle de la Visitation, 51,000. Ce ne fut que longtemps après que la petite église Saint-Denis trouva acquéreur à 4,075 liv. (2).

Quelques religieuses restèrent cependant dans leurs maisons, malgré les prescriptions de la loi. Telles furent les sœurs grises, que Ton toléra jusqu'à la fin d'octobre 1 793, et les sœurs hospitalières de l'Hôtel-Dieu. Le dévouement et l'expérience, dont ces dernières avaient fait preuve, rendaient leur conservation nécessaire. La nouvelle administration, installée en 1792, leur avait suscité de mesquines querelles, parce qu'elles restaient attachées à l'évêque de Barrai, et les avait momentanément privées du concours de quatre servantes, sous le prétexte qu'une vie contemplative serait nuisible à leur santé (3). Plus tard, la Société des Amis de la Liberté chercha en vain à les faire renvoyer, en prétendant qu'elles favorisaient les malades qui « affectaient de l'incivisme, » et les prisonniers de

(1) C'est là que s'élève aujourd'hui le Palais de Justice.

(2) Le 9 brumaire an m. Elle fut démolie pour établir la place qui existe aujourd'hui. Parmi les ventes antérieures au 10 août, nous devons citer : la maison de Saint-Martin-ès-Âires, 27,600 liv. ; la Trinité Saint-Jacques, 50,000; Montier- la -Celle, 52,300. Registre d'adjudications.

(3) Dél. du 22 avril 1792. Ârch. de l'Hôtel-Dieu.

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