‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 193 sur 351 · FABRICATION ET DISTRIBUTION DU PAIN · texte numérisé non relu

FABRICATION ET DISTRIBUTION DU PAIN

merce, étaient forcées de le faire elles mêmes, dans des conditions défavorables pour elles et pour les consommateurs.

C'étaient surtout la confection et la distribution du pain qui éveillaient la sollicitude de la commune. Les commissaires des sections présidaient à l'arrivée et à la répartition des grains. La Société populaire en surveillait, d'accord avec la munici-. palité^ la mouture et la manipulation. Elles fixaient la proportion de froment, de seigle, d'orge et de son rémoulu qui devaient entrer dans le pain; elles livraient les grains ainsi mélangés aux boulangers (i). Si le pain était de mauvaise qualité, on s'en prenait à ces derniers. « Les boulangers, disait la commune sous l'inspiration de Gâchez, ne s'occupent que de leurs intérêts et négligent ceux du peuple en fournissant du mauvais pain et peu nourrissant malgré les punitions qu'on leur inflige. ï> Aussi leur interdit-on de cuire pour leur compte. Us sont obligés de se servir des fours établis à Notre-Dame-aux-Nonnains, dont on porte le nombre à huit. La commune paie désormais les boulangers, qui reçoivent 20 sols par fournée et un pain de trois livres, et sont tenus de garder pour leur compte les fournées mal faites (2).

Malgré toutes les mesures prises pour distribuer le pain en proportions égales et suflBisantes, il devint de plus en plus rare. Aux mois de mars et d'avril, les citoyens aisés furent réduits à une consommation quotidienne d'une livre et même de

(1) Dél. mun. des 21 ventôse et 13 floréal. Arch. de Troyes.

(2) Dél. mun. des 5 et 17 frimaire, 16 nivôse et 12 ventdse.

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