TRANSPORTS POUR LES ARMEES
L'agriculture était aussi atteinte par les transports pour les armées. En avril 1794, 300 voitures de quatre à deux chevaux, garnies de leurs échelles, cordages et perches, sont requises pour aller à Pont charger du fourrage pour Metz. Le temps de service des voitures requises est fixé à trois mois, et si elles rentrent dans leurs communes avant ce délai, on les force à revenir se mettre à la disposition des autorités militaires. Le district finit par s'irriter de ces exigences. « Depuis deux mois, écrit-il le 22 floréal, les cultivateurs ont fourni au moins -1 ,800 voitures pour la conduite du fourrage aux armées. En germinal, 55 sont demandées pour le roulage. Une nouvelle réquisition de 300 est demandée. Les commissaires sont exigeants, parce qu'ils ont trouvé trop de facilités de la part de l'administration. » L'administration cette fois ose résister, et refuse, en s'appuyant sur les instructions du commissaire, de lui fournir au-delà de 61 voitures (1).
Ces transports augmentaient le mauvais état des routes, et c'étaient les cultivateurs et leurs chevaux qui étaient requis pour les réparer. En septembre 1793, les adjudicataires des travaux d'entretien avaient demandé la résiliation de leurs marchés, parce que le passage des armées avait défoncé les routes, et que le prix de la main-d'œuvre avait subi une cherté progressive; on avait dû leur promettre des indemnités (2). Quoique le ministre
(1) Séances des 23 germinal, 22 floréal et 29 prairial. Arch. de TAube, JL.. 33.
(2) Dél. du t5 sept. 1793. Id., L. 46.