‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 201 sur 351 · MAUVAIS ÉTAT DES ROUTES · texte numérisé non relu

MAUVAIS ÉTAT DES ROUTES

de rintérieur eût accordé 1 00,000 1. pour les travaux publics, et qu'il eût promis une allocation supplémentaire, l'argent faisait défaut; le citoyen de Loménie avançait 21 3 1. pour la réparation de la route de Nantes à Strasbourg, qui traversait son canton, et Ton déclarait que, pour cet acte de générosité, il avait bien mérité de Tadministration (i)*. Rien n'était plus urgent que la plupart de ces travaux. On calculait que, pour remettre en état la route d'Arcis à Mailly, il faudrait 239,000 1. et 8,922 journées de voitures. 24 communes durent fournir 3,191 manouvriers et 1,566 chevaux (2).

L'administration emploie tour à tour la menace et la persuasion pour stimuler l'activité des entrepreneurs et le zèle des cultivateurs. « Si les routes ne sont pas réparées, la chose publique, dit le district, courrait de grands dangers. » Le département a recours aux arguments les plus déclamatoires. « Républicains, frères et amis, s'écrie-t-il, naguères dans ce siècle de barbarie, que la liberté vient de faire disparaître , des nobles orgueilleux qui se disaient vos maîtres, sous l'odieux nom de corvée, vous faisaient gratuitement couler des sueurs amères. Courbés sous leur verge despotique, un coup-d'œil de ces êtres dénaturés, en vous faisant trembler, vous forçait aux travaux les plus pénibles et les plus abjects. Les monstres I Tandis que, dans leurs superbes carrosses, ils promenaient, avec une morgue insultante, leur luxe et leur oisiveté, le sans-culotte laborieux, affaissé de

(1) Dél. dép. du 18. Arch. de l'Aube, L. 15.

(2) Dél. des 7 et 22 brumaire. Id., L. 13.

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