‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 203 sur 351 · RÉQUISITIONS' DE CHAUSSURES · texte numérisé non relu

RÉQUISITIONS' DE CHAUSSURES

cuivre (1). Les dons volontaires ne pouvant suffire, le commerce et Tindustrie étant paralysés, on eut recours à la ressource suprême et ordinaire de répoque. Tantôt on met en réquisition 1 ,000 couvertures de laine, que devront fournir les citoyens les plus aisés désignés par les sections (2), tantôt ce sont des bas de couleur et des souliers. Les cordonniers de la ville sont condamnés à une sorte de travail forcé ; en janvier, ils sont astreints à fournir 515 paires de souliers par décade; en juillet, ils doivent en donner chacun dix paires en dix-huit jours. On ne leur permet pas d'employer pour les semelles d'autre cuir que celui de vache; en cas de récidive, on menace de les arrêter comme traîtres à la patrie (3). Les sabotiers sont également mis en réquisition; chacun d'eux doit fournir 80 paires de sabots par décade, et le district est tenu d'en livrer 12,000 paires en vingt-quatre jours (4). Les tailleurs ne sont pas moins occupés; au commencement du printemps, le district put expédier au dépôt de Metz une quantité considérable de vêtements destinés à l'armée du Rhin (5).

On ne pouvait se procurer que par réquisitions les choses les plus usuelles, telles que les vieilles futailles pour y mettre de la poudre, et le vieux

(1) Journal du Département du 4 ventôse.

(2) (knT. muti. du 30 brumaire. Arch. de Troyes.

(3) Corr. mun. 25 nivôse. — Arrêté du district du 12 mess. Id. du 25 floréal.

(4) Arrêté dit 7 nivôse. Placard. — Arch. de TAobe, L. 33.

(5) Il envoya : 3,000 habits, 3,000 vestes, 5,000 culottes, 400 sacs de peau, 6,000 chemises, 900 chapeaux, 2,500 bonnets de police, 4,000 p. de guêtres, 6,000 cols^ 6^000 p. de bas, 4,000 p. de souliers. Adresse du 3 germinal.

FABRICATION d'aRMES. 287

oing pour les voitures de transport. On exerce le droit de préhension dans toutes les communes du district pour se procurer des selles, bridons, mors et sangles pour la cavalerie. Des commissaires sont chargés de faire dans la ville l'inventaire de tous les objets propres à l'équipement et à l'habillement militaires. On requiert des pierres à fusil, des chanvres pour la marine, et 600 peaux de mouton noir pour fournir des pelisses à l'armée du Nord (1 ) .

Les armes surtout sont nécessaires. « Des armes I des armes, écrit Rondot, voilà le cri de la patrie; les ouvriers sont biens disposés, mais ils sont sans fer, sans charbon et sans modèles. » On avait d'abord fabriqué des piques, pour lesquelles la municipalité de Troyes avait avancé les fonds. On croyait, en s'appuyant sur des exemples tirés de l'histoire ancienne que les piques pourraient suffire pour combattre des troupes munies d'armes à feu (2). On revint bientôt de ces illusions. Les ouvriers occupés au travail des piques furent employés désormais à la fabrication des baïonnettes et des pièces de fusil (3) .

Pour se procurer le métal nécessaire, on fait procéder avec plus d'activité à la descente des cloches. Un commissaire spécial, à 500 1. d'appointements par mois, est chargé de la diriger. On or-

(1) Dél. des 22 brumaire, 4, il et 15 frimaire, 28 pluviôse, 27 germinal an II. Arch. de l'Aube, L. 33 et 46.

(2) Voir Plan d'organisation pour des bataillons de piquiers, publié par Servan, ministre de la guerre. In-S"* de 8 p.

(3) Lettres du 22 ?entdse et 19 nivôse. 20,000 1. sont remboursées à la commune le 25 floréal. Le district a payé 16,285 I. 8 s. pour cette ùibrieation le 17 ventôse. Arch. de l'Aube, L. 1364 et 1477.

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