MISSION DE GARNIER ET DE TURREAU
tel fut Carteron, receveur des droits d'enregistrement, qui fut maintenu dans ses fonctions (1).
On vit une fois de plus, après l'exécution de Louis XVI, que les crimes politiques sont toujours des fautes. De nouveaux dangers menacèrent la République. L'Angleterre se joignit à la coalition des puissances continentales; elle accrut leurs forces par son énergie et ses subsides. Nos armées, victorieuses depuis Valmy, après avoir pénétré jusqu'en Hollande, furent obligées de se replier. En même temps, les paysans de la Vendée se soulevaient pour échapper au recrutement et défendre leurs autels menacés. La guerre civile, s'ajoutant à la guerre étrangère, inspira à la Convention de nouvelles mesures de rigueur. Un tribunal révolutionnaire, jugeant sans appel, fut institué à Paris. Des représentants furent envoyés dans les départements pour accélérer le recrutement des jeunes soldats, et provoquer contre les partisans des émigrés et contre les prêtres des proscriptions nouvelles.
Garnier, député de l'Aube, etTurreau, député de l'Yonne, furent chargés de cette double mission dans ces deux départements. Ils donnèrent l'ordre de saisir toutes les lettres venant de l'étranger, et le district de Troyes nomma une commission de quatorze membres pour examiner celles que l'on arrêterait à la poste (2). « Quoique la correspondance fut l'asyle secret de la pensée du citoyen, disaient les représentants, le conspirateur seul pou*
(1) Dél. du 29 mars 1793. Voir aussi registre 441. Arch. de FAube.
(2) Arrêté du 14 mars 1793. Arch. de l'Aube, L. 46.