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MISSION DE GARNIER ET DE TURREAU

vait se refuser, dans les temps d'alarmes et de dangers, à éclairer les magistrats du peuple sur ses relations extérieures (1). » Quelques jours plus tard, à l'instigation de Gamier et de Turreau, et sous l'impression de l'aggravation des troubles de la Vendée, le directoire de l'Aube décida la permanence des corps administratifs, de la garde nationale et de la gendarmerie ; ordonna des visites domiciliaires générales, pour connaître les étrangers et s'emparer des armes; enjoignit de demander partout les passeports (2). Ces mesures étaient, selon l'arrêté, destinées à « déjouer les efforts des malveillants et àprévenir les intentions où ils pourraient être de se joindre à ces hordes de brigands. » C'est ainsi qu'en style administratif on qualifiait les Vendéens.

On voyait partout des conspirateurs. On accusait les prêtres de Troyes d'alarmer la tranquillité publique, de « soulever les domestiques et les agents des émigrés. » Les trois corps administratifs de la ville se réunirent, le 24 mars, pour signaler les correspondances avec les émigrés, les relations des prêtres avec les prêtres déportés, l'insubordination des prisonniers de guerre, favorisée

(1) Rapport d'Antoine Gamier et Louis Tureau, commissaires envoyés dans les départements de VAube et de V Yonne, p. 4. Turreau (1760-1796) habitait Raviëres, et fut élu député à la Convention par Tinfluence de Lepelletier Saint-Fargeau.

(2) Arrêté du 21 mars 1793. — L'exécution de la plupart de ces mesures de rigueur, et d'autres encore, est réclamée dans une lettre attribuée au vicaire épiscopal Hardy, en date du 22 mars, imprimée sous ce titre : Lettre trouvée ces jours derniers par un bon Sans -Culotte dans un des rangs de la Boucherie de cette Ville, en un petit portefeuille rouge, qui ne contenait pas d'autres papiers, in-4*' de 3 p.

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