FRAIS DE DÉTENTION
distribution des approyisionnements. Les suspects riches nourrissaient les pauvres; les frais de détention étaient à leur charge, et la ville les autorisa à les répartir entre eux selon leurs ressources (i). Non-seulement on leur faisait payer le prix du pain et les frais de nourriture des indigents; ils payaient en outre les appointements du concierge, qui montaient à 2,000 L, ceux d'un portier et d'un commissionnaire, les frais d'impression des règlements, l'achat et l'établissement des poêles, le bois, l'huile et la chandelle; ils avaient aussi à leur charge les frais de la garde soldée, que l'on éleva à 2,067 1. par décade, et l'habillement de cette garde, pour lequel ils furent taxés à 5,500 1. (2).
Les détenus avaient joui pendant l'hiver d'une certaine liberté dans l'intérieur de la prison. Ils pouvaient communiquer entre eux; les promenoirs et les corridors étaient communs, et les hommes et les femmes avaient la faculté de s'y rencontrer. Ils conservaient de la lumière jusqu'à une heure avancée de la nuit, et recevaient les Bulletins de la Convention^ qui les mettaient au courant des événements politiques. A partir de la fin de mars, toutes ces tolérances leur furent enlevées. La séparation absolue des hommes et des femmes leur
(1) Dél. mun. du 6 plaviôse.
(2) Les hommes de la garde soldée recevaient 2 1. 5 s. par jour. On leur donna en outre une gratification de 100 1. Ces frais étaient répartis de la manière suivante : Louis Angenoust, pour un revenu présumé de 10,000 1., est taxé à 104 1. 15 s. pour ses frais de nourriture pendant six semaines ; à 1 18 1. 6 s. 9 d. pour la nourriture des pauvres ; à 260 1. 5 s. l d. pour les frai* divers; en tout : 483 1. 6 s. 10 d. Roch Maron, dont le revenu est évalué à 1,500 1., ne paie que 160 1. Les frais de nourriture personnelle sont les mêmes; mais il ne paie que 17 1. pour les pauvres et 38 pour les frais généraux. Ârch. de l'Aube, L. 1529.