ROBERT AU CLUB DES JACOBINS
ses efforts à ceux de la Société, attaqua violemment Augustin Guélon, rappela qu'il était frère d'un otage du roi et déféra avec indignation son adresse imprimée au comité (1).
Robert, informé de ces démarches, se rendit au club des Jacobins, pour en prévenir l'effet ; il y retraça avec énergie les actes de Rousselin, que Danton avait appuyés, disait-il, de son crédit liberticide; il le représenta comme un intrigant qui avait rempli les administrations de ses créatures; il le signala comme l'oppresseur des patriotes. Les Jacobins applaudirent à son discours, et lui donnèrent deux défenseurs officieux pour en appuyer les conclusions auprès du comité de salut public (2). Les passions étaient si disposées à admettre les inculpations les plus invraisemblables et les plus absurdes, que les adversaires de Rousselin parvinrent à le faire regarder, ainsi que « les autres fripons de son espèce, » comme les agents des Pitt et des duc d'York (3).
En même temps, Robert demandait aux sections de Troyes de lui envoyer des témoignages contre Rousselin, Gâchez et leurs adhérents. Les comités de surveillance s'empressèrent de recueillir ces témoignages. Comme ils n'avaient reçu aucune réponse aux lettres qu'ils avaient adressées à Robespierre, à Couthon et aux Jacobins, ils prescrivirent une enquête à la poste, et exercèrent un contrôle sur toutes les lettres envoyées, soit aux
(1) Dél. du 3 messidor. Arch. de l'Aube, L. 1467.
(2) Moniteur, n» 271.
(3) Lettre de Robert, du 8 messidor.