PRÊTRES ARRÊTÉS
par les malveillants, le nombre considérable de domestiques de luxe, colportant des libelles et détournant le peuple du recrutement (1). « Les prêtres, disaient les représentants, sont les ennemis intérieurs les plus dangereux... ces pestes publiques chercheront, jusqu'à ce que le peuple les ait lui-même écrasés, à renverser la République. » Garnier et Turreau, qui étaient arrivés le 23 , demandaient qu'on embarquât pour quelques îles lointaines, non-seulement les curés insermentés, mais les prêtres qui ne tenaient par aucun lien à la République. Ils ordonnèrent immédiatement des perquisitions et des arrestations. Les visites domiciliaires faites chez les prêtres insermentés amenèrent la saisie de papiers dénotant des intelligences avec les émigrés et les déportés, et de libeller manuscrits, prêts à être livrés à l'impression et « ne tendant à rien moins, selon les représentants, qu'à attirer sur les commissaires de la Convention les poignards des assassins (2). » Plusieurs prêtres arrêtés furent relâchés; il ne s'élevait contre eux que des soupçons d'incivisme et de malveillance; mais on retint en prison les anciens chanoines Mocqueris et Henry, Coquet, ex-curé de Saint-Jacques et Bienne, ex-curé de Bombon près Melun. L'arrestation de l'abbé de Champagne fut ordonnée (3) ; elle eut lieu plus tard à la Ferté-Gaucher, et amena sa comparution devant le tribunal révolutionnaire. Henry fut rais en liberté le 2 mai ;
(1) Arch. de l'Aube, L. 12.
(2) Rapport de Garnier et TureaUy p. 4.
(3) Arrêté des mêmes du 27 mars. Arch. de l'Aube, L. 14.