‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 222 sur 351 · POTTOFEU ET CACAULT A TROYES · texte numérisé non relu

POTTOFEU ET CACAULT A TROYES

section refusa de lui répondre, avant d'en avoir référé au comité de salut public (1). Cet agent, qui fut qualifié. plus tard de Robespierre de TAisne (2), n'insista pas, et quitta Troyes sans bruit comme il y était arrivé.

Le passage du général Cacault rendit aussi un peu de confiance aux terroristes. Les 3,000 prisonniers de la garnison de Charleroi qu'il conduisait furent campés pendant six jours sur le mail et surveillés par des gardes nationaux. Le bruit se répandit que des bourgeois de la ville, s'étant approchés des prisonniers, avaient crié vive le roi, et leur avaient donné de l'argent pour répéter le même cri. Certains comités ne purent croire qu'il « existât des monstres assez contre-révolutionnaires pour tenir un pareil propos. » Cacault, qui fut plus tard baron de l'Empire, s'en indigna hautement. Il se plaignit de ce que les négociants et les riches avaient fourni du pain aux prisonniers, déclara qu'il y avait beaucoup d'aristocrates à Troyes, et promit de s'en plaindre à la Convention (3).

Cependant Guélon et Robert multipliaient leurs démarches à Paris. En vain la Société populaire essayait de disculper les citoyens qu'ils avaient accusés dans leurs écrits (4) ; le club des Jacobins

(1) Hist. du Terrorisme^ p. 33 et 34. Séances du comité de la 4* section. 8 et 11 messidor. Lettre du comité de la 5* à Garnier, du 25. Arch. de TAube, L. 1591, 1467 et 53. Pottofeu arriva le 7.

(2) Arch. nationales, W. Ib 473.

(3) 26 messidor. Registres et papiers des comités. L. 53, 1489 et 1523.

(4) Adresse de la Société populaire régénérée de Troyes,.. en réponse à la pétition de Robert et consors. s. 1. in-4'> de 20 p., du 20

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persista à soutenir la cause des sectionnaires, et Couthon lui-même se déclara en leur fayeur (1). Grâce à son crédit, grâce surtout à l'interventioii persistante et chaleureuse de Gamier, le comité de salut public donna le 16 juillet l'ordre de l'élargissement des sectionnaires. Gamier s'empressa de l'écrire à Loyez. « Vos frères sont tous libres, disait-il... quatre seulement ont été renvoyés à un plus mûr examen, parce que ma probité ne m'a pas permis de garantir leur civisme auprès des représentants, mes collègues, y^ Il annonçait en même temps l'arrivée du représentant Maure, chargé d'épurer de nouveau les administrations de Troyes, et terminait en priant Loyez de communiquer sa lettre à toutes les sections (2). Il n'avait pas besoin de stimuler la manifestation de leur joie et de leur reconnaissance. La lecture de l'arrêté d'élargissement fut accueillie avec transport, aux cris de : Vive la Convention! Vive la Montagne I Vive le Comité de salut public ! Plusieurs sections, pour témoigner leur reconnaissance, votèrent des fonds pour réquipement d'un cavalier Jacobin où Tarmement d'un vaisseau, et envoyèrent des députations à la Convention avec des adresses de remerciements. Les amis des sectionnaires se rendirent à la maison d'arrêt, le 18 juillet, et les délivrèrent au milieu des chants patriotiques et des cris de

messidor. Parmi les pièces justificatives de ce curieux factum, se trouvent quelques indications intéressantes pour la bibliographie troyenne pendant la Terreur.

(1) Séance du 26 messidor. Moniteur, n" 303.

(2) Lettre du 29 messidor. L'arrêté est du 28. Reg. de la 8* section. Arch. de Troyes.

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