‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 243 sur 351 · DISTRIBUTIONS DE GRAINS · texte numérisé non relu

DISTRIBUTIONS DE GRAINS

fournir 360 voitures pour le siège de Mayence (1). Aussi, les transports des grains étaient de plus en plus difficiles; la municipalité avait recours à un nouvel emprunt qu'elle qualifiait avec raison de banque d'humanité, et invitait les citoyens à porter au magasin de Saint-Jean les grains et les farines qu'ils possédaient, en leur faisant « la promesse la plus sacrée de les leur rendre en totalité et en nature, aussitôt qu'elle en recevrait (2). »

Les distributions de grains continuaient au mar gasin général de Saint-Jean, où le comité des subsistances faisait établir un bureau vitré pour y rester en permanence. Ce système ne satisfaisait ni les boulangers, qui demandaient en vain qu'il leur fût permis d'embrasser une autre profession (3), ni les consommateurs, qui étaient toujours réduits à des rations insuffisantes. Au mois de mai, les distributions consistèrent en dix onces jie pain par tête pour deux jours, avec un demi septier de haricots et un peu de riz. Les ouvriers allaient dans les campagnes acheter à cinq ou six lieues du pain bis qu'on leur vendait 40 à 50 sous la livre. La ville avait encouru une lourde responsabilité en entreprenant de fournir des rations de pain à 13,000 indigents par jour; elle fut obligée de les cesser, faute d'approvisionnements, au mois de juillet, et Ton ne vit de solution à la crise que dans le rétablissement des marchés, auquel on aurait

(1) Lettres des 23 ventôse et 29 prairial. Adresse d'Albert aux citoyens des deux départements ^ du 18 germinal.

(2) Proclamations des 22 ventôse et 4 germinal. Ârch. de Troyes.

(3) Dél. mun. du 7 ventôse.

Page 1