CULTE RÉTABLI DANS LES CAMPAGNES
dû songer plus tôt (1). Telles avaient été les déplorables conséquences du système économique de la Convention, que les préjugés populaires avaient accepté, et contre lesquels les administrations n'avaient pas osé réagir.
Il ne sufl&sait pas de rétablir Tordre dans toutes les parties de l'administration et de s'efforcer de réparer les dommages matériels qu'avait causés le régime de la Terreur; il fallait aussi donner une légitime satisfaction aux consciences, qui n'avaient plus depuis longtemps la liberté de prier Dieu selon les prescriptions de leur foi. Quelque temps après le 9 thermidor, les habitants de certains villages rouvrirent eux-mêmes les églises; à défaut de prêtre, un maître d'école ou un choriste récita les offices et chanta la messe et les vêpres. L'agent national du district voyait dans ces réunions l'exercice d'un culte public; il les regardait comme contraires à la liberté de conscience, et en prévenait la Convention. Néanmoins, malgré le zèle du district et du comité révolutionnaire, les paysans et surtout les paysannes continuèrent à se réunir le dimanche dans les églises, et même dans les communes voisines de la ville, telles que le Pont-Hubert, on sonnait les cloches pour les offices (2).
La liberté des cultes fut rétablie par la Convention*, le 21 février 1795 (3 ventôse), sur le rapiport
(1) Journal du Département du 24 floréal. Lellfes du procureurgénéral-syndic des 23 messidor et 4 thermidor an m. Arch. de l'Aube, L. 340.
(2) Reg. du comité révol. Lettre de Loyez, du 1" jour supplémentaire an II. Arch. de l'Aube, L. 43 et 1364.