RETABLISSEMENT DU CULTE
de Boissy d'Anglas; mais la République ne salariait pas les prêtres, et ne fournissait aucun local pour l'exercice du culte ; elle en proscrivait les signes extérieurs. Dans les campagnes, on ne cessa pas de s'assembler dans les anciennes églises, et d'annoncer les offices au son des cloches et du tambour. Dans un des faubourgs de la ville, à la Vacherie, on rétablit même une croix, située dans une des rues; la municipalité la fit enlever dans les vingt-quatre heures. Comme les habitants de? Trévois voulaient faire dire une messe dans la petite chapelle de Notre-Dame-de-l'Echelle, on les prévint qli'ils ne pouvaient le faire sans louer ou acheter la chapelle (I). La loi du 1 1 prairial (30 mai) mit fin à ces difficultés en donnant provisoirement aux citoyens le libre usage des édifices religieux, non aliénés, dans lesquels.ils célébraient leur culte au mois de septembre 1793.
Il y avait à cette époque quatre églises paroissiales et quatre oratoires à Troyes; aucun d'eux n'avait été aliéné. Le district ne voulait livrer au culte que les anciennes paroisses, Saint-Pierre, Saint-Remy, Saint-Nicolas et Saint-Jean; le procureur-général-syndic trouvait qu'il y avait trop d'églises à Troyes, et qu'il fallait démolir celles qui n'étaient pas nécessaires; mais il fut impossible de résister aux réclamations des anciens paroissiens, qui obtinrent la réouverture des huit églises. Déjà, avant même la promulgation de la loi de prsiirial, on -avait célébré les offices àSaint-Remy
(i) Dél. et Gorr. des 5 et 18 germinal. Arch. de Troyes. JourneU du Département.