RÉACTION
mêmes étaient attachés à ce que Tex-oratorien Bouille appelait des préjugés. Cependant, dans la ville, on ne sonnait point les cloches, et les signes extérieurs du culte continuaient à être proscrits. Dans les campagnes, au contraire, les croix avaient été relevées, et quand les hommes ne sonnaient pas les cloches pour les naissances, les mariages et les enterrements, les femmes les sonnaient ellesmêmes (1).
Il eût été difficile et imprudent de les contraindre à renoncer aux manifestations extérieures du culte. L'opinion publique se déclarait de plus en plus contre les doctrines et les actes de la Terreur. La fermeté déployée par la Convention dans les journées de germinal et de prairial, acheva d'abattrele parti de la Montagne. Les administrateurs de TAube ne manquèrent pas de féliciter la majorité de la Convention de son énergie et de son courage à l'égard des « anarchistes et des assassins (2). » Ils applaudirent à sa politique en lui disant : « Songez que la France est maintenant couverte de fonctionnaires épurés et vertueux qui n'aspirent qu'à seconder vos efforts (3). » Les sections et la Société populaire étaient animées du même esprit. La troisième section demanda à ne plus porter l'épithète de révolutionnaire que lui avaient donnée des « malveillants réprouvés de leurs concitoyens; » elle voulait aussi tenir ses
(1) Lettres des 16 pluviôse et 25 ventôse an iv. Rapport du 6 fructidor an m. Àrch. de TÂube^ L. 1551.
(2) Déi. mun. du 4 germinal an m.
(3) Adresse du 15 germinal. Arch. de l'Aube. L. 18.