MESURES PRISES CONTRE LES TERRORISTES
réunions le dimanche au lieu du décadi (1]. La Société populaire nommait des commissaires pour rédiger sous le nom d'Histoire du Terrorisme à Troyes le témoignage public de la population contre ceux qui avaient ses oppresseurs (2). Partout on demandait leur désarmement et leur punition, et après le 1**" germinal, la municipalité se joignit à Albert pour y procéder.
Albert ne s'était pas contenté de donner des indemnités aux sectionnaires nécessiteux, qui avaient passé sept mois en prison (3); il avait fait dresser la liste des fonctionnaires publics destitués depuis le 9 thermidor, qui avalent pris la part la plus active aux violences du régime de la Terreur; un d'entre eux môme avait été incarcéré par ordre du comité révolutionnaire (4) ; à partir du 4 germinal, les autres furent tenus de se présenter tous les jours au bureau municipal , et privés du droit de monter la garde en personne. Ils avaient accusé récemment les aristocrates de se réunir pour conspirer, et manifestaient leur confiance dans rétablissement de la république démocratique. La commune, tout en surveillant des rassemblements de modérés qui avaient lieu fréquemment dans une maison particulière,
(1) Dél. mun. du 22 germinal. Arch. de Troyes.
(2) Dél. mun. des 27 ventôse et 22 germinal. Id. Voir sur cet ouvrage, p. 125. — La Société populaire ne tarda pas à être dissoute par la loi du 6 fructidor an m.
(3) 6 sectionnaires reçurent ainsi des indemnités de 500 1. chacun ; Dél. mun. du 23 pluviôse.
(4) C'était Bavoillot, ordonné prêtre par^ibille. Comme il demandait un passi'port pour aller servir dans les hôj)itaux à Bruxelles, le comité révolutionnaire estima « que la situation qui lui convenait le mieux était l'incarcération. 9 II avait été dénoncé le 21 pluviôse pour avoir insulté Albert. Dél. du 12 ventôse. Arch. de l'Aube, L. 58 et 1564.