‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 258 sur 351 · CHANT DU RÉVEIL DU PEUPLE · texte numérisé non relu

CHANT DU RÉVEIL DU PEUPLE

La plupart des modérés, oubliant que la clénence est souvent la meilleure des politiques, ne îessaient de réclamer le jugement des autres ter- •oristes. Les représentants eux-mêmes les encourageaient, et Bailly, étant venu de nouveau à Troyes, tdressait à ses concitoyens ce couplet, sur Tair du léveil du Peuple :

Peuple troyen, tu vis le crime Applaudir à tes longs revers ; Tu le vois aujourd'hui victime, Enchaîné de ses propres fers.

Qu'il tremble à son tour, qu'il frémisse ! Sur lui se lève un bras vengeur...

Mais ta vengeance est la justice Et tes vertus sont ta terreur (4) !

Le Réveil du Peuple était un chant fort en vogue ; il témoignait de la violence des passions que la violence des actes avaient surexcités. Le 1" thermidor (19 juillet), on chanta à la Comédie la. Marseillaise; une partie de Tauditoire réclama le Réveil du Peuple, et ne put l'obtenir. Mais le 8, un groupe de jeunes gens, placé à l'amphithéâtre, entonna le chant réactionnaire au milieu des applaudissements. C'était un coupable appel à la haine et à la vengeance contre des adveirsaires désarmés, et déjà sous le coup de poursuites judiciaires : l'un des couplets s'écriait :

Voyez déjà comme ils frémissent!

tence du jugement du 19 fructidor, dont nous venons de parler. On trouvera les titres et l'analyse de ces pièces dans la France littéraire de Quérard, t. VllI, p. 241. Lamotte avait publié, à Tépoque de son incarcération, un Mémoire très-curieux, dans lequel il réclamait sa liberté, et qui est intitulé : Précis pour le citoyen Lamotte, A Bar-sur- Aube, chez S. Vitalis, imprimeur, in-4'' de 7 p. Voir aussi : Mémoires inédits du comte de Lamotte- Valois,

(1) Joum, du Département, du 24 floréal an m.

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