‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 259 sur 351 · MISE EN LIBERTÉ DES TERRORISTES · texte numérisé non relu

MISE EN LIBERTÉ DES TERRORISTES

Ils n'osent fuir, les scélérats !

Les traces du sang qu'ils vomissent Décèleraient bientôt leurs pas.

Oui, nous jurons sur votre tombe, Par notre pays malheureux, De ne faire qu'un hécatombe De ces cannibales affreux !

Heureusement, la colère n'était que dans les paroles; elle n'était plus dans les actes. Le lendemain, à un concert patriotique donné à Toccasion de l'anniversaire du 9 thermidor, les jeunes gens firent des excuses à la municipalité, et témoignèrent le regret du trouble qu'ils avaient apporté la veille à la représentation du théâtre (1).

Les détenus, contre lesquels on réclamait avec si peu de mesure la rigueur des tribunaux, ne tardèrent pas à recouvrer leur liberté. La loi du 22 vendémiaire an iv (14 octobre 1795), qui fut l'une des conséquences de la journée du 13, ordonna de cesser toutes poursuites et d'annuler les jugements contre les citoyens qui ne seraient pas accusés de crimes spécifiés par les lois pénales. Ainsi, la réaction n'entraîna à Troyes aucun acte de vengeance regrettable ; elle se borna à provoquer des emprisonnements préventifs de quelques mois, adoucis par les facilités de sortie données parla municipalité; mais si la loi n'atteignit pas les hommes, qui avaient pris part aux excès de la Terreur, l'opinion publique les condamna, et ne permit plus désormais à la plupart d'entre eux de reprendre dans les administrations locales l'autorité dont ils avaient fait un coupable usage.

(l) Journ. du Département y du 14 thermidor an m. Registre de li Permanence. Arch. de Troyes.

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