PROCÈS DE LEMGET ET DE LÀ HTJPROTS
tranger. A la suite de deux interrogatoires faits par les officiers municipaux, Boucher, conducteur de la diligence de Bâle, fut également arrêté. On saisit sur lui une lettre de change de 1 ,200 liv. tirée sur Lemuet. Les scellés furent aussi apposés dans la maison de Camusat-Noël, ancien directeur des postes.
A la suite d'une rapide instruction, Lemuet de Mauroy, De La Huproye, Maydieu et Boucher, sur la demande des Amis de la Liberté, furent déférés au tribunal révolutionnaire de Paris. Ils furent conduits des prisons de Troyes à la Conciergerie par une escorte de gendarmes et de gardes nationaux (1). Le procureur-général syndic porta luimôme les pièces du procès, parmi lesquelles se trouvait une lettre contenant des détails qu il était important de faire connaître au comité de salut public (2). Une nouvelle instruction fut faite à Paris, à la suite de laquelle Boucher fut relaxé. Lemuet, De La Huproye, Maydieu comparurent devant le tribunal révolutionnaire le 30 mai. ^ Fouquier-Tinville soutint l'accusation. Le crime ^v^l^ait la correspondance avec un émigré; Lemuet en avait été l'intermédiaire, De La Huproye le destinataire, Maydieu le coopérateur. Les deux premiers avaient en outre fourni des secours pécuniaires à l'émigré. A cette époque, le tribunal révolutionnaire ne frappait point encore les accusés sans les entendre, et ses acquittements étaient
(i) L*e$corte reçut 1261 liv. 10 s. poar sa dépense. Le départ eut lieu le % mai. Arch. de TAube, L. 12 et 15.
(2) Arch. de TAube, L.Sl.