PIERRET ET LANJUINAIS
Ils affirmèrent plus hautement leurs opinions par les choix qu'ils firent. Sur les six députés, qu'ils avaient à élire, quatre devaient être pris dans la Convention. Parmi les neuf représentants deTAube, un seul fut jugé digne de conserver son mandat. C'était Pierret. Il avait rempli dans le département de la Haute-Loire une mission analogue à celle d'Albert; et à la Convention, il s'était montré à plusieurs reprises le partisan déclaré d'une politique ferme et réparatrice. Récemment il avait appuyé à la tribune la pétition des citoyens de Troyes contre l'élargissement des terroristes, et il avait fait le 17 fructidor une énergique apologie de l'infortuné Perrin, dont la Convention venait de proclamer hautement l'innocence. Jean-Nicolas Pierret fut élu le premier de tous par 230 voix sur 265 (1):
L'élection des trois autres députés choisis parmiles membres de la Convention, eut une signification non moins politique que celle de Pierret. L'assemblée électorale protesta hautement contre les décrets de fructidor et contre les suites du 1 3 vendémiaire, en nommant Lanjuinais, Henri La Rivière et Bailleul. Tous trois avaient été proscrits au 31 mai comme Girondins; tous trois étaient rentrés à la Convention au mois de décembre 1794, et n'avaient cessé d'jf combattre les principes et les hommes de la Montagne. Le courage, l'indé-
(1) Dès le 10 fructidor an ii, la troisième section avait appuyé une demande par laquelle le fils de Perrin demandait la révision de son procès. Arch. de l'Aube, L. 58. Pierret mourut à Brienne, à l'âge de 67 ans, le 19 février 1825, universellement regretté. Journal politique du département de VAuhe,