LEVÉE DU TRENTIÈME CHEVAL
service des troupes en souffrait (1). La ville ellemême reçut Tordre de fournir 160 quintaux de paille dans les vingt-quatre heures; elle résista énergiquement à cette injonction, en objectant qu'aucune culture ne se faisait sur son territoire (2). D'autres réquisitions frappèrent les campagires au printemps; mais ce qui souleva^ 1^ plus de difficultés, ce fut la levée du treatîeme cheval. Comme la taille du cheval qa'ori devait fournir était spécifiée, on abâtardissait la race chevaline pour s'y soustraire. A la fin de mars 1796, il restait dans la ville cinq chevaux à fournir, et radministration menaça de les choisir elle-même si les propriétaires ne s'entendaient pas pour les livrer (3).
C'est à Troves , devenu un centre militaire important pour les approvisionnements (4), que les chevaux requis étaient rassemblés. Un dépôt de quatre cents bœufs y fut aussi établi au commencement de l'hiver; ils y restèrent pendant plus de six mois. On se plaignait de la dépense énorme qu'ils entraînaient, de leur inactivité qui avait été nuisible à leur état d'entretien, et l'on regrettait que pendant l'hiver ils n'eussent pas été employés à l'extraction des bois, ou confiés aux cultivateurs pour les indemniser de la privation de leurs chevaux (5).
(1) Les voituriers furent payés à raison de 600 1. par jour et par cheYal.BcL dép. du 17 niv. Corr. mun. du 25 nivôse et du 17 messidor an iv.
(2) Corr. mun. des 8 et 21 frimaire an iv.
(3) Lettre du commissaire national, du 29 ventôse. Arch. de TAik^ L. 342. Corr. municip. du 4 germinal.
(4) Troyes faisait partie de la 18' division militaire, commandée en ph* viôse an iv par le général Pille, ancien secrétaire général de rintendaaee ée Bourgogne. Arch. de l'Aube, L. 25.
(5) Lettre de l'agent national, du 5 floréal. Arch. de l'Aube, L. 342. Corr. mun. du 29.