‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 278 sur 351 · OPINION DU MINISTRE · texte numérisé non relu

OPINION DU MINISTRE

Lorsque le ministre de Tintérieur en fut informé, il témoigna son mécontentement à l'administration départementale. Regrettant que ses membres eussent donné autant d'importance à la lettre, il était d'avis que les mesures adoptées par eux ne pouvaient qu'allumer les dissentiments et la discorde. « Il n'est point dans votre cœur, disait-il, d'opérer une réaction funeste; je me plais à le croire; mais pour l'éviter, il faut voir en tout la chose publique, et non les individus; » il ajouta qu'il apprendrait avec plaisir qu'il n'aurait été donnéaucune suite aux poursuites judiciaires (1).

La municipalité intervint aussi en faveur des patriotes incriminés; elle n'avait demandé contre eux qu'une « correction fraternelle; » elle n'avait pas voulu les dénoncer. « Peut-être même, disaitelle, n'ont-ils fait que prêter leurs noms, et ne sontils pas les véritables auteurs de la lettre. » Quatre d'entre eux écrivirent à la municipalité pour protester de l'innocence de leurs intentions; ils avaient signé « dans l'enthousiasme, sans avoir eu le temps de réfléchir... Si vous pouviez lire dans nos cœurs, écrivaient-ils, vous y verriez la pureté des enfants qui ne cherchent pas à faire le mal (2)... » Ces incidents affligeaient le ministre Bénézech, qui les avait provoqués par sa partialité en faveur des agents nationaux, et il disait, en parlant des divisions des citoyens de Troyes : « Ce n'est pas ainsi que des républicains doivent se conduire.»

Le ministre, qui avait blâmé les ofiiciers muni-

(1) Lettre de Bénézech, da 17 floréal. Arch. de l'Aube^ 2. 0. 397.

(2) Lettre mun. du 4 floréal an iv. Lettre du 5.

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