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ÉLECTIONS DE LA GARDE NATIONALE

cipaux démissionnaires (1 ), les remplaça par ViYien, par Lemaire et par l'architecte Milony. Lœilley fut nommé secrétaire en place de Dubois ; les bureaux furent réduits à sept, et six employés furent supr primés (2). Mais ces réductions nuisirent à la police de la voirie et des mœurs; les rues et les places publiques restèrent encombrées de matériaux et de matières infectes, qui obstruaient la circulation et nuisaient à la pureté de l'air; de fréquents désordres étaient signalés la nuit. Le département fut obligé d'intervenir pour engager la municipalité à y porter remède (3).

La réorganisation de la garde nationale (4) suscita des difficultés nouvelles. Le service ne se faisait plus, et tous les corps de garde avaient été loués par l'administration municipale nommée par Albert (5). Les élections des officiers eurent lieu cependant au mois d'avril 1796; celles de deux bataillons furent cassées pour vices de forme. Mais ce n'étaient pas les officiers qui étaient difficiles à trouver; c'étaient les gardes. D'après la loi du 28 prairial an m, les habitants peu fortunés se fai-

(1) Lettres de Bénézech, des 13 et 17 floréal. Arch. de Troyes.

(2) Dél. mua. des 4 et 6 floréal, et corr. mun. du 6 fructidor an iv. Les dépenses annuelles de l'administration municipale étaient évaluées le 1" fructidor à 48.800 1. ainsi réparties : employés, 15,100; bois et chandelles, 4,000; frais de bureau, 3,000; entretien des ponts, canaux, etc., 6,000; chemins vicinaux et promenades, 2,000 ; pompes et puits, 2,000 ; huiles, lanternes et allumeurs, 6,000 ; fêtes nationales, 2,400 ; avances pour logements militaires, 1,800; secours extraordinaires aux indigents, 2,000; gardeschampêtres, 1,500; frais éventuels, 3,000. Arch. de Troyes.

(3) Corr. mun. du 9 thermidor an iv.

(4) Arrêtée par le département le 21 ventôse an iv. Arch. de l'Aube, L. 25.

(5) Corr. mun. du 1" germinal an iv.

DÉSARMEMENT DES GRENADIEES. 393

soient rayer des contrôles et perdaient ainsi leurs droits de citoyen. Sutil poursuivait en même temps la suppression complète des anciennes compagnies privilégiées, et faisait décider par la municipalité que les anciens grenadiers, chasseurs et canonniers rendraient à la ville les armes qu'ils en avaient reçues (1).

Le département n'approuva pas cette décision, et en suspendit l'exécution. La découverte de la conspiration de Babeuf, qui eut lieu à la même époque, fournit à la calomnie le prétexte d'y rattacher l'opinion de Sutil et l'arrêté de la municipalité. Le département fut obligé d'attester qu'en se refusant à approuver le désarmement, il n'avait point eu la pensée « qu'on pût soupçonner la municipalité d'intelligence avec les amis de l'horrible Babeuf (2). » La municipalité en appela au ministre, et finit par se contenter de faire faire le recensement des armes appartenant à l'Etat et à la commune, qui étaient entre les mains des gardes nationaux, et qui devaient servir à l'armement des colonnes mobiles (3).

(1) Dél. mun. du 22 floréal an iv. L'état-major de la garde nationale ayant demandé un local pour délibérer, il lui fut refusé par la municipalité, considérant que la force armée est essentiellement obéissante, et que nul corps, armé ne peut délibérer. Dél. mun. du 22 messidor an y.

(2) Dél. du 27 prairial an iv. Lettre du l*'" messidor. Arch. de l'Aube, L. 22 et 318.

(3) Dél. mun. du 25 floréal, du 4 messidor, et du 24 fructidor an iv. Le 29 messidor, un état des armes a\ait donné le résultat suivant : 421 fusils, 41 sabres, 4 épées, 18 pistolets, 1,184 piques, 130 gibernes, 5,000 cartouches à balles, 4 canons, dont 2 de 4, et 2 dont on ne connaissait pas le calibre. Deux de ces canons avaient été ramenés de Vendée par le 4« bataillon ; un provenait du château de Brienne, un avait été donné par Dampierre. Gorr. mun. du 29 messidor.

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