COLONNES MOBILES
Les colonnes mobiles furent instituées par le directoire, au mois de mai 1796, pour donner plus d'activité au service de la garde nationale, au moment où la sécurité était menacée de toute» parts dans les campagnes par des bandes de malfaiteurs. Le département de TAube n'était pas à l'abri de leurs crimes. La forêt d'Othe était l'asile de déserteurs et de gens sans aveu, qui répandaient la terreur dans les environs; armés de pistolets, ils pénétraient dans les fermes, liaient ou maltraitaient les paysans, et s'emparaient de leur argent. A Ruvigny, ils brûlèrent un homme et une femme dans leur lit. Dans l'arrondissement de Bar-sur-Seine, l'ancien château de Mussy était le quartier-général des brigands; le propriétaire du château, qui avait perdu son poignet gauche, et qui était toujours vôtu en garde national, passait pour être leur chef. Des incendies étaient signalés sur divers points du département. La gendarmerie, chargée de poursuivre les criminels, ne trouvait rien. On mit les gardes nationales en réquisition permanente pour surveiller les étrangers et arrêter les vagabonds ; dans les communes, où elles n'étaient pas organisées, l'agent national, son adjoint et le garde-champêtre durent requérir des hommes armés, à 6 1. par jour, pour faire des patrouilles (1). « Attendrez-vous, disait Sutil aux habitants de l'Aube, que vos blés soient fauchés, pillés ou brûlés; que vos femmes et vos enfants soient mas-
(1) Lettres des 27 germinal, 9 et 22 floréal. Dél. des !«' et 19 floréal an iv. Arch. de l'Aube, L. 342, 25, 22.