‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 28 sur 351 · ADRESSE A LA CONVENTION · texte numérisé non relu

ADRESSE A LA CONVENTION

muet de Mauroy avait été condamné par suite d'une extension erronée donnée à la loi, et ordonna sa mise en liberté. De La Huproye fut relâché quelques jours plus tard par le comité de sûreté générale (1). Ni Tun, ni l'autre n'avaient été déportés, et Lemuet se trouvait dans la prison de Port-Royal, qu'on appelait alors Port-Libre, lorsque, sur la réclamation de sa femme et de ses enfants, il fut rendu à sa famille (2).

L'administration du département ne pouvait approuver ces mesures excessives. Elle était composée d'hommes sincères, qui croyaient à l'avenir de la République, et qui espéraient le triomphe des principes de liberté et d'égalité, au nom desquels elle s'était fondée. C'était pour eux une profonde désillusion que de voir les divisions sans cesse renaissantes de la Convention. « Nous ignorons les factions, dirent-ils dans une adresse qu'ils lui envoyèrent le 21 mai, nous ne voyons dans vos dissentiments que le mal qu'ils font à la France... Que l'auguste sanctuaire des lois ne soit plus transformé en une tumultueuse arène, où les passions s'accusent des mêmes crimes... Que vos délibérations, majestueuses comme la loi, calmes comme le courage, fières comme la liberté, cessent d'être souillées par d'impudentes clameurs ; que, témoins respectueux de vos intéressants débats, ceux qui assistent à vos séances cessent d'y prétendre à une coupable influence, et de se croire l'organe de

(1) Arrêtés des 19 et 23 pluviôse an m.

(2) Le Journal du Département du 14 ventôse an m, contient des couplets qui furent chantés par ses filles, lorsqu'il revint dans sa famille.

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