SERVICE DE LA GARDE NATIONALE
sacrés^ pour sortir de la léthargie dans laquelle vous êtes plongés? Ne se commet-il pas assez de crimes dont les auteurs sont jusqu'à présent inconnus? Combien en faut-il donc encore? Faut-il que des villages entiers soient consumés pour exciter votre surveillance (1)? »
Malgré le zèle de Tadministration, les colonnes mobiles s'organisèrent lentement. La ville et les faubourgs de Troyes durent fournir huit compagnies de 64 hommes chacune, qui, bientôt réduites à quatre, furent placées sous les ordres d'un commandant de la garde nationale. Ce ne fut qu'en août qu'on songea à les armer; elles furent constituées au mois de novembre ; mais elles n'étaient pas complètement armées deux mois plus tard, et elles n'avaient été d'aucun usage. Les hommes qui les composaient s'étaient fait décharger du service ordinaire de la garde nationale, et comme ils étaient les plus valides, ce service était de plus en plus délaissé. Le 11 novembre, sur quarante hommes commandés, il en vint seulement cinq; les autres déclarèrent qu'ils ne monteraient pas la garde, et ?n*ils s'en... moquaient. On demandait au ministre de prescrire des mesures répressives; on n'obte- ^*U aucun résultat. « Il arrive quelquefois, écrivait 1® Commissaire de la commune, que personne ne ^e rend à son poste ; il ne s'y trouve d'ordinaire que trois, quatre ou cinq hommes de garde. Troyes est ^^ seule commune du département où le service se fasse encore. Dans la plupart des villes de France, ^l ne se fait plus. On ne peut contraindre les ou-
(l) Proclamation da 10 floréal. Arch. de l'Aube, I^. 22.