CHAUFFEURS
vriers, et il n'y a pas de mesure coercîtive sérieufie contre les récalcitrants (1). »
On peut conjecturer, d'après ce qui se passait en ville, du peu de zèle que mirent les municipalités de canton à s'occuper des colonnes mobiles. On fut obligé de les menacer d'envoyer chercher par les gendarmes les états des citoyens destinés à faire partie de ces colonnes, si ces états n'étaient pas remis dans un délai déterminé (2). Le renouvellement des brigandages aurait dû pourtant augmenter la vigilance. On ne parlait dans le département que des sinistres exploits des chauffeurs, tantôt incendiant les habitations pour détruire les traces de leur passage, tantôt infligeant le supplice du feu à leurs victimes pour les contraindre à livrer leur argent. A la tête d'une de ces bandes, qui répandaient l'épouvante entre Troyes et Vendeuvre, se trouvait un homme nommé Grison, qui avait participé à Paris aux massacres de septembre. Accusé et convaincu de plusieurs incendies et d'assassinats, il fut, après des débats qui durèrent sept jours, condamné à mort et guillotiné avec un de ses complices sur la place Saint-Pierre, au mois d'avril 1797 (3).
(1) Dél. et corr. mun. des 9, 12 et 17 messidor an iv, 21 brumaire ^ \î prairial an v.
(2) Dél. du 9 fructidor an iv. Arch. de l'Aube, L. 22.
(3) Annales troyenneSy du 10 germinal an y. Almanach de Troyes dt 1848, p. 91 et suiv. Le Moniteur du 5 pluviôse an v contient un curieŒ récit de TafTaire Grison, qu'il représente comme un des assassins de De Launay et de la princesse de Lambalie. Il signale les relations d'Emery, le complice de Grison, avec Couriole, l'assassin du courrier de Lyon. —Il y eut en l'an v quatre condamnations à mort. Les acquittements par le jory sont cependant assez nombreux à cette époque. 6* registre des aadieoeti du tribunal criminel.