‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 286 sur 351 · TUMULTE AU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

TUMULTE AU THÉÂTRE

de famille, sont aussi armés de bâtons courts et carrés; se sentant provoqués, ils franchissent le balcon qui sépare Tamphithéâtre du parterre, et tombent à bras raccourcis sur les Jacobins. Un véritable combat s'engage; la force armée arrive, elle est repoussée; un gendarme est frappé; le sang est répandu. Du haut de la loge municipale. Bouille, Milony et Sainton veulent intervenir; on les insulte, on leur dit qu'on va les culbuter de la loge, et que leur place est au parterre, au milieu des « frères et amis.» Enfin les jeunes gens, que les révolutionnaires qualifient de muscadins, l'emportent ; ceux qui n'ont pas de cannes arrachent celles que portent leurs adversaires; ils les expulsent de la salle, en les frappant. Les officiers municipaux se retirent, pour aller, disent les vainqueurs, prodiguer des consolations aux battus, et la représentation de Y Intérieur des comités commence et s'achève au milieu des applaudissements des spectateurs enivrés de leur victoire (1).

C'était une victoire regrettable et stérile. La municipalité, justement irritée, décida le lendemain que le théâtre serait provisoirement fermé. Bouille et Sainton partirent pour Paris rendre compte des événements au ministre de la justice et solliciter des poursuites contre les perturbateurs. Ce ne fut que huit mois après que trente mandats d'arrêt

(1) Précis des événements qui ont en lieu au spectacle le 2 brumaire an T. Dél. et corr. mun. des 28 vendémiaire et 3 brumaire. Arch. de Troyes. Annales troyennes, n** 35. — Mémoire relatif aux événements qui ont eu liiu le 2 brumaire dernier dans la salle de spectacle de la eommtme de Troyes, du 19 tbermidor an v, in-4'* de 15 p. (Factum révolutionnaire). Gprretpondance et rapports. Archives nationales, F. 1, 3192.

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