CENSURE
furent lancés contre les jeunes gens les plus compromis des deux partis, et leur procès fut jugé à Vitry-le-François, après le coup d'Etat révolutionnaire du 18 fructidor. Sainton fit un récit si dramatique de la soirée du 2 brumaire, que le ministre approuva non-seulement l'interdiction àTroyes de Ylntérieur des comités, mais qu'il défendit qu'on le jouât dans tous les départements (1). La Société civique, qui s'était prêtée aux désirs des réactionnaires, ne reprit point ses représentations. Le théâtre, loué à des artistes mélomanes qui venaient de Châlons, fut rouvert à la fin de novembre (2).
Malgré la censure à laquelle la municipalité soumit le choix des pièces de théâtre (3), les réactionnaires continuèrent à se rendre à la salle de spectacle avec des cannes ou des armes, et à réclamer la représentation de Ylntérieur des comités. Le 18 janvier 1797, les acteurs la promirent pour le dimanche suivant. La municipalité, vivement irritée, ordonna de nouveau la fermeture de la salle; mais elle revint sur sa décision. Elle permit plus tard, après l'avoir ajournée après les élections, la représentation d'une pièce écrite par un auteur de la localité, nommé Lecraiq. Elle était intitulée* Y Origine, les crimes et la fin des Jacobins, On craignait qu'elle ne fût de nature à ranimer les haines et les passions; on se trompait. Malgré l'interdiction dont elle avait été l'objet, malgré les souvenirs
(1) Lettre de Sainton, du 13 brumaire. Arch, de Troyes.
(2) Dél. mun. du 3 frimaire.
(3) La municipalité autorise, le 6 pluviôse, la représentation des pièces sui* vantes : le Déserteur, la Gageure imprévue, Zémire et Azor, Claudine, la Revanche forcée, la Belle Arsène, Raoul Barbe-Sleue. — Dél. mun.