EFFETS DU 18 FRUCTIDOR. - CULTES. ^ ÉDIÛTÉ
Le coup d'Etat du 18 fructidor était le résultat d'une conspiration formée contre les lois et contre l'opinion publique; aussi l'un des premiers actes du Directoire modifié fut-il d'annuler les opérations électorales de quarante-neuf départements. Celui de l'Aube était du nombre. Les deux membres du département récemment nommés et tous les membres de l'administration municipale de Troyes furent atteints par celte loi arbitraire. Jamais les destitutions ne furent aussi nombreuses ni aussi promptes. Après le 10 août, les autorités électives, môme celles qui avaient donné des preuves de leur attachement au gouvernement monarchique, avaient été conservées, et n'avaient été renouvelées que par l'élection. Le directoire exécutif, qui s'était décimé lui-même, n'eut garde d'y recourir, et de demander la sanction de ses actes criminels aux suffrages des citoyens, qui lui auraient été contraires.
Avec l'aide des commissaires nationaux, qui se-
condaient la politique du directoire, Tadministration départementale fut entièrement renouvelée. Pour remplacer Gayot etTurot, elle désigna ellemême Tancien curé Raverat et Richard, tous deux commissaires du directoire exécutif, Tun à Chesley, l'autre à Bar-sur-Seine. Richard refusa d'accepter les fonctions auxquelles il était appelé; il en fut de même d'Armand Couturier et de Feugé, à qui l'on s'adressa ensuite. Sissous consentit enfin à succéder à Gayot. Les trois membres restants de l'ancienne administration, le président Mennessier, Chaponnet et Loiselet, furent destitués par le directoire, six semaines plus tard, comme « ayant amené par leur négligence, disait-on, l'anéantissement de l'esprit public, en accordant leur protection au fanatisme et à ses suppôts, et leur faveur aux émigrés rentrés, à leurs parents et aux prêtres insoumis. » Les nouveaux administrateurs nommèrent Raverat président (1).
Les administrations cantonales subirent aussi de nombreux remaniements dans le courant de l'hiver. Celle d'Ervy fut remplacée pour avoir négligé d'exclure les membres suspendus par le^directoire. On révoqua les administrateurs de Creney, « à cause, disait-on, de leur insouciance, de leur fanatisme, et de leur attachement au parti royaliste; » ceux de Bar-sur-Seine furent suspendus « pour négligence, et dévouement aux prêtres et à leurs partisans. »Dans la plupart des cantons, des destitutions
(l) Dél. des 23 fructidor an y, 2 et 28 brumaire an vi. Ârch. de l'Aube, L. 19 et 20. Le département, à partir de cette époque, fut composé de Raverat; de Sissous; de Feugé, de Montsuzain; de Joffroy, de Bar-sur- Aube; et de JaiUant, de Meuvilie.