‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 294 sur 351 · AFFAIRE DES TROUBLES DU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

AFFAIRE DES TROUBLES DU THÉÂTRE

traitement. Truelle-Chambouzon fut appelé à remplir ces fonctions. Il eut pour collègues Chaperon Taîné et l'ancien membre du district Antoine (1). Ces dernières nominations, qui remettaient la police entre les mains d'anciens agents de la Terreur, montrait d'une manière significative quel était l'esprit qui aifîmait les nouveaux administrateurs.

Il faut rendre justice aux révolutionnaires de Trnyes, qui triomphaient. Ils ne se livrèrent à aucun excès contre la liberté individuelle; ils ne poursuivirent leurs adversaires que par des moyens légaux. Les auteurs des troubles qui avaient eu lieu au théâtre le 2 brumaire de l'année précédente, furent mis en jugement à Vitry. On avait d'abord mis en cause les réactionnaires qui avaient demandé la représentation de V Intérieur des comités ; quatorze mandats d'amener avaient été ensuite lancés contre leurs antagonistes, et la plupart de ceux-ci, n'ayant pas trouvé de caution parmi les habitants de Vitry, furent retenus en prison préventive. L'administration municipale de Troyes délégua un de ses mem- . bres à Vitry pour assister au procès et y poser des conclusions en son nom (2),

Le discours prononcé le 1 0 thermidor par Her- Juison avait excité contre lui la colère de ceux qu'il avait attaqués avec tant de violence. Quelques jours après le 18 fructidor, le ministre de l'intérieur, en invitant le département à s'en occuper, ne doutait pas qu'il ne s'empressât de destituer le bibliothé-

(1) Dél. mun. des 6 et 10 frimaire au vi.

(2) Journal du Département du tO thermidor an y. Dél. mun. du 4 brumaire an vi.

422 DESTITUTION d'HERLUISON.

Caire de l'école centrale. Le département procéda avec équité; il ne voulut pas condamner Herluison sans Tentendre; il le pressa de fournir ses moyens de défense (1). Herluison se défendit avec beaucoup d'habileté; il soutint que son caractère était franchement républicain, qu'il avait attaqué, non la Révolution, mais le gouvernement révolutionnaire. Il fit réloge du 18 fructidor, en le comparant aux régimes précédents; et pour se disculper de l'accusation de royalisme portée contre lui, il dit que « tout le royalisme de Troyes consistait à avoir peur, » et qu'il avait « seulement voulu relever le courage de ces prétendus royalistes en face de l'audace des partisans du régime révolutionnaire (2). » Ces justifications, présentées d'une manière insinuante et modérée, avec des développements ingénieux, ne suffisaient pas pour désarmer la sévérité des uns, la vengeance des autres. Sur l'avis conforme du jury central d'instruction publique, Herluison fut suspendu de ses fonctions de bibliothécaire le 9 novembre 1797, et destitué par le département le 14 décembre. L'arrêté, qui prononçait sa révocation, était motivé sur les attaques excessives que contenait son discours, et sur les maximes développées dans sa péroraison « qui semblaient calquées, disait-on, sur les instructions adressées par Louis XVIII à Brotier. » Le jury central lui donna poursuccesseurle commissaire national Bouille (3).

(1) Lettres des 30 fructidor an v et 14 vendémiaire an vi.

(2) Justification adressée à Sutil. — Mémoire apologétique du 6 vendémiaire an VI. Manuscrit de la bibl. de Troyes, n" 2355.

(3) Dél. du jury central, composé de Truelle -Rambourgt, Regnault- Beaucaron et Descolins. Arch. de l'Aube, 2. G. 363, L. 20. Dél. mun. du 15 ventôse.

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