ARBRES DE LA LIBERTÉ
soldats du poste de la porte de Paris, qui étaient tous ivres (I). Les arbres de la liberté attiraient aussi la sollicitude des administrateurs. Ils ordonnèrent de replanter tous ceux qui étaient desséchés, déracinés ou enlevés. L'instituteur de chaque commune en fut chargé, avec ses élèves. Les fonctionnaires présidèrent à la cérémonie, qui fut accompagnée de discours, de danses et de jeux appropriés à la localité. » S'il n'est pas possible, disaient les administrateurs du département, que toutes les communes possèdent des monuments de marbre ou d'airain qui rappellent les hauts faits de la Révolution, il est très-facile à chacune de planter sur son territoire un arbre qui deviendra aussi un monument par lequel nos neveux pourront compter le temps où leurs aïeux ont conquis la liberté (2). » Le ministre François (de Neufchâteau) voulait que la plantation de ces arbres fût accompagnée d'une pompe touchante. « Chaque commune, disait-il, doit avoir le sien, selon la loi; mais tous les établissements, que dis-je, toutes les maisons devraient avoir les leurs (3). » A Troyes, la plupart de ces arbres avaient été arrachés par ordre d'Albert; celui qui avait été planté sur la place de THôtelde-Ville était desséché; il fut remplacé le 20 frimaire. «Les républicains, disait Tarreté de la commune, se rappelleront la joie qu'ils ont éprouvée lorsque, cet arbre chéri a été planté pour la pre-
(1) Dél. dép. du 7 vendémiaire. Lettre du général Desenfants, du 12. Arch. de TAubc, L. 1401.
(2) Dél. dép. du 28 brumaire an vi. Arch. de l'Aube, L. 20.
(3) Circulaire du 30 frimaire an vu. Imp.