CÉLÉBRATION DU DÉCADI
mière fois (I). » Celui qu'ils plantèrent de nouveau devait vivre encore moins longtemps. Dans les campagnes, ces arbres étaient exposés à d'autres mésaventures; dans le courant de Thiver, on coupa celui de Chaource, et des coups de serpe furent donnés à ceux de Rigny et de Magny-Î'ouchard (2).
Ce qui préoccupait surtout les administrateurs, c'était la célébration du décadi. Depuis deux ans, les anciens usages avaient repris leur empire; le dimanche, le travail cessait, et les boutiques étaient fermées. Le calendrier républicain n'était plus observé. « Il convient à tous les cultes, disait le département; ses mois sont divisés comme ceux des Athéniens; pourquoi tous les cultes n adopteraient-ils pas le décadi pour jour de repos? » Ces arguments n'étaient pas de nature à ébranler les ministres catholiques, et à faire renoncer la population à ses habitudes. Aussi l'administration recourut-elle à la contrainte. Le chômage du décadi fut prescrit. Toutes les boutiques, sauf celles de comestibles, seront fermées, disait l'arrêté du département. Aucun ouvrier ne pdurra travailler. Les fonctionnaires publics, ainsi que leur famille, seront astreints au repos. Pour donner une certaine gaîté à ces fêtes, on décida que les élèves des écoles se livreraient, sous les yeux des parents, dans des emplacements spéciaux, à des exercices propres à dévojopper et à fortifier leurs facultés physiques, et que le théâtre donnerait des repré-
(i) Dél. mun. du 12 frimaire an vi.
(2) Dél. dép. des 3 nivôse et 9 pluviôse.