FOIRE ET MARCHÉS
La municipalité, persistant à croire que <( pour conserver les avantages de la Révolution, il fallait que les Français renonçassent absolument à leurs anciennes habitudes et aux usages 'établis s<)us le despotisme, » s'avisa de fixer au quartidi et au nonidi les marchés au blé qui se tenaient le samedi. Pas un paysan ne se présenta aux nouveaux jours qu'elle avait fixés (1). Au printemps de 1798, elle veut faire disparaître à tout prix les usages que, suivant elle, la raison réprouve et qui retardent les progrès de la Révolution. Il y avait depuis longtemps à Troyes une foire qui se tenait au mois de mai, dans la grande salle du palais, et qui s'appelait la Foire des vierges. Le département, en autorisant son ouverture sur la place du ci-devant palais, décida qu'elle s'appellerait désormais la Foire des fleurs. « Cette dénomination, dit-il, est plus analogue à la saison et au calendrier républicain, et plus conforme aux institutions d'un peuple philosophe (2). »
La municipalité eut plus de peine à changer les jours de marchés. Elle voulut étendre les prescriptions de son premier arrêté aux marchés aux bestiaux, à la volaille, aux poissons vivants, au beurre, aux souliers; non contente d'en modifier les jours, elle en modifia les emplacements. De temps immémorial, les marchés se tenaient dans
(1) Dél. nniD. da l*** oivôse et du 4 floréal.
{1) Dél. dép. du 11 floréal. Dél. mun. du 13. On célébrait le 8 mai la fête de Sainte-Mathie, qui était à Troyes la patronne des jeunes filles. On appelait cette fête la fête des Viergeottes. {Alm, de Troyes pour 1854. p. 39.)