‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 300 sur 351 · WS CHANGEMENT DES JOURS DE MARCHÉ · texte numérisé non relu

WS CHANGEMENT DES JOURS DE MARCHÉ

les rues Notre-Dame et de rEpicerie, sur les places du Marché-à-Blé et de TEtape-au-Vin ; désormais ils seront transférés dans la rue Moyenne, sur les places Saint-Remy, Saint-Jacques et Saint-Etienne. C'est mécontenter à la fois les habitants des rues dépossédées, dont les intérêts sont lésés, et les paysans, dont les habitudes sont dérangées. Aussi tous se coalisent pour résister à l'arrêté municipal. Les marchands de la banlieue, d'accord avec les habitants, arrivent en masse le samedi, s'installent à leurs anciennes places, et opposent une résistance inerte aux efforts des commissaires de police, dont le chef, Truelle-Chambouzon, est insulté et hué par les maraîchères. On fait venir les gendarmes et les vétérans nationaux; ils sont obligés de se retirer pour ne pas provoquer une collision sanglante. La municipalité fait publier au son de la trompette et du tambour les arrêtés qu'elle à pris. Elle enjointà tous les agents municipaux du canton de prévenir les paysans de se rendre au marché le nonidi; quatre seulement répondirent à l'appel; mais le lendemain, 30 floréal, auparavant jour de marché, Taffluence fut grande. « Les nécessités de l'approvisionnement ont fait fermer les yeux, dit le commissaire national. » Il est forcé de déclarer que l'esprit des habitants de Troyes est superstitieux, et que la campagne est encore plus attachée à ses habitudes. Les usages furent plus forts que les arrêtés, et les cultivateurs continuèrent de s'abstenir de venir aux jours de marché fixés par les autorités. Elles avaient, par leurs inutiles et malencontreuses prescriptions, provoqué des troubles, agité la population, et fourni aux ennemis de la Ré-

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