‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 3 sur 351 · FÊTE DE LA CONQUÊTE DE LA SAVOIE · texte numérisé non relu

FÊTE DE LA CONQUÊTE DE LA SAVOIE

inutile, parce que « la Société avait arrêté que la fête aurait lieu dans Téglisè. » C'était de sa part une singulière audace; néanmoins, force resta à l'autorité légale. Il fut convenu que Tau tel de la Patrie serait élevé sur la place Saint-Pierre, et que la dépense de la fête serait supportée par la Commune (1).

Quelques particularités nouvelles signalèrent cette fête, qui dura deux jours, le 21 et le 22 octobre. Pendant que la musique exécutait « Thymne harmonieuse des Marseillais, » quatre petits Savoyards, assis aux pieds de la déesse de la Liberté, furent coiffés du bonnet rouge par le maire, et répétèrent le serment de leurs frères de Chambéry. Le peuple et les fonctionnaires dansèrent autour de l'arbre de la Liberté. Des citoyens et des citoyennes de la Société des Amis, entrelacés de guirlandes, parcoururent la ville, portant le buste de Mirabeau, la Déclaration des Droits de Thomme et des emblèmes destinés à rappeler la destruction de la'toyauté et les défaites de Tennemi. Le soir, un grand bal fut donné à Thôtel de ville. Le maire de Troyes, le janséniste Lalobe, en fut le héros. « M. le maire, dit le Journal du Département, M. le maire, favori d'Euterpe, comme il l'est de Minerve, a répandu beaucoup de gaieté dans cette fête, en chantant plusieurs fois, au milieu des bravos, une chanson intitulée : Adieux à la Royauté, » Le second couplet, sur l'air de la Fête des bonnes gens, peut donner une idée du ton et du style de cette production patriotique :

(l) Dél. mon. des 18 et 20 octobre t792. Arch. de Troyes.

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