OUVERTURE DU THEATRE
Adieu ! bonsoir le Trône f Voilà le sceptre en nos mains.
Il faut qu'on se façonne Aux mœurs de nos Jacobins.
Tous ensemble,
Qu'on s'assemble f Et que de la Liberté La toque aimable et mignonne Afifuble la Royauté (1).
La gaieté, ou si Ton veut, la légèreté française reprenait son ascendant, à mesure que l'on se sentait rassuré contre l'invasion, et que les succès des armées rendaient la confiance aux citoyens. Le 5 octobre, la Commune avait refusé à une directrice d'une troupe de comédie de venir donner des représentations à Troyes pendant l'hiver. « Considérant, disait-elle, qu'à l'instant où les grands intérêts de la Patrie doivent uniquement occuper les citoyens, ce serait peu contribuer à leur instruction que de se prêter à des représentations de comédies et d'opéras, qui, pour la plupart, sont imprégnées d'expressions basses et rampantes, et tendantes à réveiller les idées de vasselage et de féodalité. » Vingt jours après, les impressions s'étaient modifiées. La Commune autorisa le sieur Duperron à jouer la tragédie, la comédie et l'opéra. Elle lui recommandait surtout de monter son répertoire en pièces de circonstance et « analogues à la Révolution (2). »
Il y eut en France, à cette époque, un mouvement d'enthousiasme et d'ardeur, factice ou réel.
(1) Journal du Département, du 24 octobre 1792.
(2) Dél. mun. du 5 octobre 1792. Correspondance municipale du 25. Arch. de Troyes.