MESURES CONTRE LES PRÊTRES RÉFRACTAIRES
possession des ornements dont la Terreur les atait dépouillées; c'est ainsi que les catholiques de Saint-Remy avaient obtenu qu'on leur rendit le beau christ et les deux colombes de bronze de Girardon, qui faisaient l'ornement de leur église (1). Des prôtres réfraclaires exerçaient publiquement leur ministère, et la liberté des cultes, si souvent proclamée et tant de fois méconnue, était enfin devenue une réalité.
Un des premiers actes du directoire, après le 1 8 fructidor, fut de revenir sur la loi équitable qui prescrivait la mise en liberté des prêtres réfractaires, et d'ordonner leur réclusion. Le département fit mettre quinze de ces prêtres en état d'arrestation chez eux, par la raison qu'il n'avait aucune maison destinée à les renfermer. Mais le Grand-Séminaire fut disposé pour les recevoir, et le concierge, qui fut payé par eux, leur fut donné pour geôlier (2). Quarante prêtres du département furent soumis à la surveillance (3) ; l'un d'eux, accusé de prêcher la discorde et de recevoir les instructions des anciens évêques, fut envoyé à Rochefort pour être déporté (4). La municipalité, voulant empêcher les offices du soir, défendit même l'exercice des cultes avant le lever ou après le coucher du
(1) Dél. mun. du 2 germinal an v. Saint-Nizier et Saint-Urbain firent des demandes et obtinrent des restitutions analogues. Id. des 9 germinal et 12 floréal. Arch. de Troyes.
(2) Dél. des 15 vendémiaire et 2 brumaire an ti. Dél. mun. du 15 ventôse. Sur 175 prêtres sujets à la déportation, 39 étaient rentrés, 6 n'étaient pas sortis du département. Dél. dép. du 29 pluviôse.
(3) La surveillance fut levée le 12 floréal an vr. Arch. de l'Aube, L. 21.
(4) Dél. dép. du 8 nivôse. Arch. de l'Aube, U 20.