CHANOINES A SAINT-PIERRE
soleil. Ce n'est pas ainsi qu'avaient agi les officiers municipaux de l'an iv. A cette époque, le département ayant voulu interdire la messe de minuit qui se célébrait à Noël, ils avaient protesté avec beaucoup de logique contre cette interdiction. « La Constitution, disaient-ils, garantissant aux citoyens le libre exercice de leur culte, il suffit que les citoyens qui professent le culte catholique désirent célébrer la messe de minuit et que ce ne soit pas une innovation dans leur culte, pour que nous soyons convaincus qu'on ne peut légalement leur interdire cette faculté, ou plutôt ce droit... tout en le subordonnant à des mesures de police (I). »
Depuis 1795, les anciens chanoines avaient repris possession de Saint- Pierre. Ils étaient au nombre de trente-neuf, et leurs pensions leur étaient régulièrement payées, comme aux autres prêtres et aux anciens religieux qui y avaient droit (2). L'abbé Maydieu, qui prenait le titre de vicaire général, administrait le diocèse au nom de l'évêque Louis de Barrai ; sans titre reconnu par l'Etat, il nommait aux cures du diocèse et recevait à la pénitence les prêtres constitutionnels (3). Sibille avait continué d'être tenu en dehors de Saint-Pierre; mais, après le 18 fructidor, il obtint d'y célébrer les offices, sans toutefois pouvoir en
(1) Dél. mun. du 7 nivôse an vi. Corr. mun. du 2 nivôse an iv. Arch. de Troyes.
(2) 11 y avait 65 prêtres pensionnés dans le canton de Troyes, dont Sibille, ex-évêqiie, qui touchait 1,0001.; Bramand, et les chanoines; plus 3 anciens professeurs du collège, parmi lesquels était Bouille; 22 ci-devant religieux et 145 ci-devant religieuses. Etat du 1*' semestre de Tan v. Ârch. de l'Aube. V. 4027.
(3) Corr. mun. du 25 ventôse an v. Arch. de Troyes.