‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 31 sur 351 · PASSAGES DE TROUPES · texte numérisé non relu

PASSAGES DE TROUPES

Dewas fit droit à leurs plaintes, en les licenciant au commencement de l'hiver (1).

Pendant le séjour des grenadiers, la ville était tellement encombrée de troupes qu'il fallut envoyer 250 hommes du 98* régiment d'infanterie loger à Ervy. La légion du Centre ou de Luckner, composée de 1,400 à 1,500 hommes, séjourna à Troyes pendant deux mois. A défaut de caserne, les soldats descendirent dans les maisons particulières. Il en résulta des abus dont la discipline souffrit (2). Pour alléger les charges de la ville, les habitants des communes voisines furent requis de fournir des lits pour les troupes de passage, et Ton mit à contribution dans le même but le mobilier des émigrés (3).

Les passages continuaient à être fréquents et onéreux. Si la ville parvenait à obtenir le départ pour Auxerre des prisonniers de guerre prussiens et autrichiens, si l'artillerie de Kellermann était partie le 5 octobre pour Sainte-Menéhould, chaque jour on signalait l'arrivée de nouvelles troupes. C'étaient dix-huit cents volontaires de Versailles en marche sur Belfort, un corps de bombardiers et de canonniers venant d'Auxonne avec trentecinq chariots de munitions, des chasseurs républicains des Quatre-Nations, un bataillon du 16* régiment d'infanterie, et un escadron de dragons (4).

(1) Lettre de Clainville Belloc, du 23 novembre t793. Il se plaint vivement da licenciement. Arch. de l'Aube, R. 4272.

(2) Corresp. municipale du 19 octobre 1792. Arch. de Troyes.

(3) Arrêté du 26 septembre 1792. Arch. de TAube, K. l.

(4) Journal du Département des 3 et 10 octobre 1792.

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